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Pourquoi je ne fais pas vacciner mes enfants – Partie 5 – Des mesures plus efficaces que la vaccination

Cinquième partie de cette suite d’articles en réponse à l’article du site jematerne.com. Cette fois nous allons étudier les propositions de mesures jugées plus efficaces que la vaccination.

Bien entendu je vous recommande de lire les parties précédentes :

5. Parce que je crois qu’il y a des mesures plus efficaces que les vaccins actuels.

Il n’y aurait pas d’évidences d’immunité de masse, au contraire, car pour plusieurs épidemies cela ne touchait que des enfants vaccinés!

Selon ses propos, l’immunité de masse n’existerait pas, ce qui détruirait donc l’argument de la couverture vaccinale. De plus, les épidémies n’atteindraient que les personnes vaccinées.
Pour étayer ses propos, l’auteure joint un lien vers un article du site Vaccine Choice Canada.

Une autre association aux méthodes douteuses

La Vaccine Choice Canada est une association dont le site web “est conçu pour vous fournir plus d’informations sur les risques et les effets secondaires potentiels des vaccins”. On retrouve là la même ligne directrice que le NVIC : ne se concentrer que sur les risques.
D’ailleurs, parmis les articles disponibles ont peut apprendre que c’est le thimerosal qui rend autiste. Puis dans un article plus récent c’est l’aluminium le coupable. Bref, la Vaccine Choice Canada change de cible pour surfer sur les sois-disant scandales.

A savoir que leur site précise que “le contenu de ce site Web est à titre informatif seulement. Les opinions exprimées ne doivent pas être interprétées comme un avis médical”. Un très bon moyen d’éviter les procédures judiciaires au cas où un parent auraient à se plaindre des conséquences des conseils évoqués sur le site.

Et afin de parfaire la ressemblance avec le NVIC, la Vaccine Choice Canada a elle aussi mené une campagne d’affichage pour informer sur les risques des vaccins. Cette campagne s’est déroulée début 2019 à Toronto sur une cinquantaine de panneau. A la suite des nombreuses plaintes qui jugeaient cette campagne comme irresponsable au vu des circonstances, elle a été annulée. En effet, cette campagne s’est déroulé en même temps qu’une éclosion de cas de rougeole, une première depuis son éradication du sol canadien en 1998.

Prudence sur l’article de la Vaccine Choice Canada

L’article cité en référence par l’auteure de jematerne.com est vraiment très long. Il affirme beaucoup trop de chose pour en faire l’analyse complète ici.
Et le peu que j’en ai regardé ne porte pas à confiance. Un exemple :

“Poland & Jacobson (1994) ont publié 18 rapports sur 18 différentes épidémies de rougeole en Amérique du Nord, survenues dans des écoles ayant une couverture vaccinale très élevée contre la rougeole (71% à 99,8%).”

Lorsqu’on va voir l’étude en question, la conclusion précise :

“En raison du taux d’échec du vaccin et de la transmissibilité unique du virus de la rougeole, il est peu probable que le vaccin antirougeoleux actuellement disponible, utilisé dans le cadre d’une stratégie à dose unique, élimine complètement la rougeole.”

Poland et Jacobson ont testé l’efficacité du vaccin de la rougeole dans le cas d’une dose unique.
Aucun vaccin ne permet d’offrir une immunité complète et infinie. Par exemple une dose unique de vaccin antirougeoleux entraîne une immunité chez 90 à 95 % des personnes. C’est pour cette raison qu’une seconde dose doit être administrée, ce qui permet de pousser l’immunité théorique à 97%.
Je n’ai pas la possibilité d’aller plus loin dans l’analyse de l’étude. Je constate néanmoins que l’article de la Vaccine Choice Canada ne met en avant qu’une partie des connaissances pour servir son propos. Pourquoi mettre en avant une étude qui ne concerne que la vaccination monodose pour des cas qui en nécessitent plusieurs ? Incompréhension ou malhonnêteté, seul une critique complète de l’article pourrait le déterminer. Je préfère me concentrer sur celui de jematerne.com.

Les vaccins sont inefficaces ?

L’autre argument évoqué est qu’en cas d’épidémie, seuls les enfants vaccinés étaient touchés. Une affirmation totalement démontées par la réalité des faits. Prenons l’exemple de l’épidémie de rougeole de 2017 en Europe.
L’ECDC (European Center for Desease prevention and Control), dans son rapport de surveillance précise :

  • Qu’il y a eu 14 600 cas de rougeole dont 37 décès.
  • 87% des cas étaient non vaccinés, 8% avec une seule dose et 5% avec les deux doses.
  • Les enfants âgés de moins d’un an ont été particulièrement touchés. Et pour cause : ils sont trop jeunes pour être vaccinés (la première dose étant à 12 mois, puis la seconde dose entre le 16ème et le 18ème mois).

On constate donc que la plus grosse part des cas revient aux non-vaccinés. On retrouve peu ou prou le pourcentage d’efficacité pour les vaccinations à une et deux doses.
Ce qui est important de noter également c’est que les décès sont majoritairement survenu chez des enfants qui ne pouvaient pas être vacciné.
Au vu de ces résultats, il est improbable de penser que les vaccins sont inefficaces et encore moins que ce sont les personnes vaccinées les plus touchées.
De plus, je pense que la vie des enfants non-vaccinés auraient pu être sauvée si l’immunité de groupe avait été suffisante pour les protéger.

Les vaccins ne sont pas à l’origine du déclin des maladies ?

Les données historiques ont démontré que le déclin de la plupart des infections contagieuses était en cours avant l’utilisation de vaccins spécifiques

Les données historiques en question correspondent à trois graphiques représentant les nombres de décès dus à la rougeole, la diphtérie et la coqueluche. Sur chaque graphique, la date d’introduction du vaccin associé est indiquée. Et à chaque fois l’introduction du vaccin arrive après le début de la régression. Ce qui nous laisserait penser que la vaccination n’est pas responsable du déclin des maladies, ce déclin ayant commencé avant son apparition.

A part le fait que la vaccination contre la diphtérie a commencé dès les années 1920 (et non 1949 comme indiqué), je n’ai rien à dire sur ces chiffres.

Par contre étudier l’évolution d’une maladie en ne s’intéressant qu’aux décès n’est pas une bonne méthode car :

  • La mortalité n’est pas représentative de l’impact de la maladie. La rougeole par exemple ne fait pas “que” tuer. Elle est aussi responsable de complications comme des cécités, des encéphalites et des infections respiratoires graves comme la pneumonie. Se concentrer exclusivement sur les décès, c’est ignorer tous les autres problèmes qu’engendrent la maladie.
  • La mortalité ne dépend pas que de la maladie. Des facteurs extérieurs comme l’accès au soins ou la qualité des traitements peuvent influencer cette mortalité. L’incidence d’une maladie quant à elle, est soumise à beaucoup moins de contrainte.

On ne peut donc pas juger de l’efficacité d’une vaccination via l’évolution de la mortalité. Par contre il est beaucoup plus intéressant d’étudier l’impact de la vaccination sur le nombre de personnes qui ont été atteint par la maladie.

Le United State Census Bureau a publié en 2004 un référencement par année des cas de plusieurs maladies de 1912 à 2001.
J’ai compilé dans des graphiques les données concernant la rougeole, la diphtérie et la coqueluche pour pouvoir comparer avec ceux du site jematerne.com

Nombre de cas de Rougeole d'avant 1920 à 2000.
La courbe chute en 1963 pour atteindre 0.
La vaccination pour la rougeole a commencé en 1963.
Nombre de cas pour la coqueluche d'avant 1925 à 2000.
La courbe chute à partir de 1950 pour atteindre 0.
La vaccination pour la coqueluche a commencé en 1949.
Nombre de cas de Diphtérie avant 1920 jusqu'à 2000.
La courbe chute à partir de 1921 pour atteindre 0 en 1960.
La vaccination pour la diphtérie a commencé dans les années 1920.

Il est indéniable que la date d’apparition des vaccins s’accompagnent pour chacune des maladies d’une baisse drastique du nombre de cas.

Les vaccins sont donc bien à l’origine du déclin de certaines maladies.

Merci l’hygiène !

même que pour la plupart des vaccins les morts par ces maladies contagieuses étaient devenus rares, peut-être dû à la hausse de l’hygiène

Oui, comme on l’a vue, il est probable que l’amélioration des conditions et de l’hygiène ont permis de diminuer la mortalité lors des épidémies.
Mais alors comment expliquer que le déclin des maladies se soit fait à des dates différentes ?
Quelle innovation de l’hygiène a permis la baisse des cas de diphtérie dans les années 20 ?
Quelle autre innovation a permis la baisse des cas de coqueluche en 1949 ?
Et de la baisse des cas de rougeole en 1963 ?

Aucune amélioration de l’hygiène ne peut être mise en relation avec la baisse des cas de maladie. On peut donc en conclure qu’elle n’a rien à voir avec leur baisse.

L’allaitement, plus efficace que la vaccination ?

Mettre en place le soutien de l’allaitement maternel, naturellement plein de vertus comme des anticorps, avec les soins après la naissance et le soutenir à long terme, ne rendre accessible le lait maternisé que sur prescription

En effet, le lait maternel permet de transmettre des anticorps de la mère à l’enfant. Seulement, cette solution n’est pas une alternative aux vaccins pour plusieurs raisons :

  • Les anticorps que possède maman dépend des infections qu’elle a rencontré dans sa vie ainsi que son état vaccinal. La protection qu’elle peut transmettre est donc limitée.
  • Les anticorps transmis par l’allaitement ne permettent pas une immunité pour toutes les maladies. En effet, il n’y a que les anticorps de type IgA qui sont transmis par l’allaitement. Le tétanos, la polio, la diphtérie, l’hépatite B, la rougeole, les oreillons et la rubéole nécessitent des anticorps de types IgG. Par contre ces anticorps sont transmis via le placenta. L’immunité contre la coqueluche quant à elle, est maintenue par des cellules du système immunitaire, et non par des anticorps . Ces derniers disparaissent très vite après une infection ou une vaccination. Les futures mamans n’ont donc le plus souvent pas d’anticorps à transmettre à leurs enfants.
  • Les anticorps transmis ont une durée limitée. Plusieurs études sur la cinétique des anticorps d’origine maternelle contre des affections évitables par la vaccination ont été réalisée chez des nourrissons. Toutes ont démontré que les anticorps transmis par l’allaitement ou via le placenta disparaissent très rapidement, dans la première année du nouveau-nés.

C’est d’ailleurs pour cette dernière raison que le vaccin pour la rougeole n’est effectué qu’au bout d’un an. Le vaccin étant constitué du virus atténué, ce dernier se fait démolir par les éventuelles anticorps de la mère avant de pouvoir induire une réponse immunitaire du nourrisson. Empêchant bébé de se forger son propre système immunitaire.

L’allaitement n’est donc pas une alternative efficace et durable à la vaccination.

Limiter l’accès au lait maternisé

Par contre j’aimerais rebondir sur la proposition de “ne rendre accessible le lait maternisé que sur prescription”.
Je pense que ce n’est pas une bonne chose.

Pour le choix du lait maternisé, il est en effet important de suivre un avis médical afin de fournir à bébé ce qui lui convient le mieux.
Seulement je considère qu’aujourd’hui, avec toute l’expertise que nous avons sur le sujet, l’allaitement est un choix. Ne rendre accessible le lait maternisé que sur prescription revient à réduire, ou du moins rendre plus compliqué, son accès. Je pense que les femmes ont le droit de choisir si elles souhaitent allaiter ou non. On se doit d’apporter de l’information, non des restrictions.

La quarantaine, plus efficace que la vaccination ?

[…] retirer l’enfant malade des lieux publics

La quarantaine comme alternative à la vaccination ? Sérieusement ?
On retrouve sous une autre forme l’argument du point 3 : il est préférable que l’enfant se fasse son immunité en attrapant “naturellement” la maladie.
Encore une fois, pourquoi vouloir soumettre son enfant aux affres de la maladie ?
Pourquoi vouloir que son enfant subisse :

  • Une rhinite,
  • Une conjonctivite avec larmoiement, gonflement des paupières
  • De la toux
  • Une asthénie
  • Une forte fièvre jusqu’à 39 voir 40°C
  • Une éruption cutanée

Juste pour lui permettre de faire son immunité contre la rougeole. Et ce sont les moins pires des symptômes de cette maladie. Les complications peuvent être mortelles !

Comment peut-on se dire que la maladie et la quarantaine sont préférables pour son bébé que la vaccination ?

D’autres solutions plus efficaces que la vaccination ?

[…] diriger les fonds publics vers un programme qui assure une alimentation, une supplémentation, et de l’information de qualité pourraient être encore plus efficaces et moins dommageables« 

Sur ce point je suis tout à fait d’accord. J’ai à plusieurs reprises partagé dans ces articles mon opinion sur le sujet : je suis pour la transmission de l’information. Je considère que c’est en étant bien informé que l’on peut prendre les bonnes décisions. Et par “bien informé” j’entend avec des faits fiables et vérifiables.

Par contre je ne vois pas le rapport avec les vaccins. En quoi une meilleurs alimentation empêche d’attraper des maladies comme la rougeole ou le tétanos ?
L’article n’apportant aucune source, inutile de passer plus de temps sur le sujet.
Ce qui est affirmé sans preuve, peut être rejeté sans preuve.

Conclusion de ce point

La promesse de ce cinquième point n’est pas rempli : absolument rien n’apporte une alternative plus efficace que la vaccination.
De plus, les affirmations sur l’inefficacité des vaccins ou sur le fait que seules les personnes vaccinés sont malades lors des épidémies sont soit infondées soit totalement fausses.

Rien dans ce point ne permet de remettre en cause la vaccination. Bien au contraire, la preuve a été apporté que c’est la vaccination qui est à l’origine du déclin des maladies.

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