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Pourquoi je ne fais pas vacciner mes enfants – Partie 1 – Les vaccins ne sont pas sécuritaires

En ce moment je vois passer sur les réseaux un article du site jematerne.com qui a pour titre : « Pourquoi je ne fais pas vacciner mes enfants (ou 8 faits importants concernant les dangers des vaccins). »

L’objectif de cet article est de « partager [les] raisons de ne pas vacciner [ses] enfants d’une manière respectueuse ».
Je trouve que c’est une très bonne démarche. Selon moi, le manque d’écoute et surtout le manque de respect face aux interrogations et aux peurs des parents ont accentué la défiance envers la vaccination. Obliger sans informer ne peut pas permettre d’améliorer les couvertures vaccinales de manière efficace et pérenne.

L’auteure ajoute ensuite qu’elle souhaite « informer sur ce que [nous] ne [savons] peut-être pas sur les vaccins. » Je pense que les vaccins ne sont pas dangereux, mais pour en être vraiment sûr je dois mettre à l’épreuve ce que je sais. Pour ça je dois principalement m’intéresser aux avis contraires.
Si en plus c’est fait de manière respectueuse et bienveillante, c’est encore mieux !

J’ai donc lu cet article avec intérêt. Et malheureusement je trouve qu’il y a beaucoup de chose à dire sur les éléments qui y sont énoncés. Je me permets donc d’apporter un peu de mise en perspective.

Qui est jematerne.com

jematerne.com est un blog qui se présente comme « une ressource parentale pour être une famille épanouie. » Les intervenantes sont toutes des mamans qui vont partager leurs expériences sur des sujets variés comme l’allaitement, l’éducation, la gestion du stress, etc…
Le site possède également une partie boutique qui propose des forfaits pour accéder à un suivit ainsi qu’à des conseils en parentalités.

Les huit faits importants concernant les dangers des vaccins

A travers plusieurs articles, je vais étudier les huit raisons évoquées par l’article de jematerne.com qui ont poussé cette maman à ne pas faire vacciner ses enfants.
Intéressons-nous donc à la première raison.

1. Parce que les vaccins ne me semblent pas sécuritaires

Conception et sécurité

« […] je n’ai pas confiance que le vaccin est 100% sécuritaire. […] l’erreur humaine existe à tous les niveaux. »

En effet les erreurs humaines peuvent arriver.

Dans la ville allemande de Lübeck, en 1929, une souche virulente de tuberculose avait contaminé un lot de vaccin BCG. 72 des 251 enfants vaccinés à ce moment là moururent d’une tuberculose généralisé. Ce cas, très certainement le plus grand accident vaccinatoire connu, aurait pu être évité avec plus de rigueur et de contrôles.

Entre 1955 et 1961, les premiers vaccins contre la poliomyélite ont été contaminé par un virus, le Simian Vacuolating virus 40 (ou SV40) soupçonné de provoquer des cancers. Les souches de virus utilisées pour les vaccins ont été cultivées dans des cellules de reins de singes (procédé courant à l’époque). Seulement, plusieurs de ces cellules avaient été contaminées par le SV40. Cette contamination a été possible car le SV40 n’a été découvert qu’en 1960.
Selon le CDC (Centers of Disease Control and Prevention) :

  • Il a été estimé que 10 à 30 millions d’américains auraient pu recevoir une dose de vaccin contaminée par le SV40.
  • La majorité des preuves scientifiques suggèrent que le vaccin contaminé n’a pas provoqué de cancer. Cependant, certains résultats de recherche sont contradictoires et des études supplémentaires sont nécessaires.
  • Les vaccins antipoliomyélitiques actuels ne contiennent pas de SV40. Ceux-ci en sont exempts depuis 1963.

Donc pour le moment, le consensus tend à dire que les cas de contaminations du vaccin n’ont pas eu d’incidence sur le nombre de cancer.

Ces deux exemples prouvent que l’erreur humaine est une réalité qu’il faut prendre en compte. Comme pour toute nouvelle technologie, la vaccination a rencontré des problèmes, et chacun d’entre eux a permis de nous améliorer.

Par exemple, aujourd’hui en France, les vaccins font l’objet d’un double contrôle :

  • Un premier par le fabricant : 70% du temps est consacrés aux contrôles de qualité et de sécurité sur chaque étape de la fabrication.
  • Un second par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament). Ce dernier est le centre le plus important de libération de lots de vaccins en Europe. Environ 40% des lots utilisés en Europe et 50% pour la France proviennent de cette agence.

Le risque zéro n’existe pas, certes ! Doit-on pour autant se passer de quelque chose d’utile qui n’a pas démontré 100% de sécurité ?
Il ne viendrait à l’idée de personne de refuser d’attacher la ceinture de sécurité à ses enfants sous prétexte qu’elle évite la mort que dans 50% des accidents.

Oui, le danger d’une mauvaise manipulation rendant le vaccin impropre à l’utilisation existe. Par contre, le risque que ce danger arrive est si faible en comparaison des risques que posent les maladies qu’il ne mérite pas à mon avis de remettre en cause la vaccination.

Le cas de la vaccination par SV40 est un bon exemple : d’un coté nous n’avons que de vagues doutes sur une éventuelle dangerosité. De l’autre, ce dont nous sommes sûrs c’est qu’en 1953, au canada, 9 000 cas de polio et 500 décès ont été enregistrés. Et en 1959, une autre épidémie de polio a entraîné plus de 2 000 cas de paralysie. Et grâce à la vaccination, le Canada est, depuis 1994, déclaré pays dépourvu de polio. Empêchant ainsi bon nombre de décès suite à cette maladie mais surtout un grand nombre d’effets secondaires handicapants !

Andrew Mouldon

« Le Dr. Andrew Mouldon a consacré la fin de sa vie à étudier les dangers des vaccins et était d’avis que tous les vaccins produisent un méfait. »

Andrew Mouldon est un neuroscientifique canadien.
Malgré son statut de docteur (obtenu grâce à son expertise en psychiatrie et en neuroscience), Mouldon n’a jamais terminé sa résidence et n’est donc jamais devenu médecin. Les deux seules études trouvées à son actif concernent la différence de vocabulaire entre les garçons et les filles et le retard de l’exactitude de l’oreille gauche pendant l’enfance. Il n’a jamais publié d’études sur le sujet de la vaccination ni sur leurs effets indésirables.

Mouldon a développé la théorie suivante :
Selon lui, plusieurs facteurs peuvent fonctionner ensemble pour déclencher un seul type de réaction dans le corps, qui peut ensuite produire divers ensembles de symptômes. Même s’il y avait différents ensembles de symptômes et différents noms de maladies attribués à chacun d’eux, ils faisaient tous partie d’un spectre de maladies qu’il a appelé syndromes du spectre anoxique de Moulden.

Selon cette théorie, des maux comme les troubles de l’apprentissage, les accidents vasculaires ou la maladie du côlon irritable sont dues au manque d’oxygène.

Cette théorie n’est pas crédible et va à l’encontre des découvertes médicales des cent dernières années.
Toutes les maladies ne peuvent pas être reliées à une seule cause, les allergies alimentaires n’ont par exemple rien à voir avec le manque d’oxygène.
De plus il n’a produit aucune recherche sur le sujet. Ce dernier ne fait que partager son opinion. Il n’apporte aucune preuve, aucun fait qui démontre que toutes les maladies sont liées. Rien dans son parcours professionnel ni dans sa théorie nous porte à considérer comme factuelle son opinion sur la vaccination.

Précisions sur l’étude citée

J’apprécie beaucoup lorsque les articles citent leurs sources. Surtout lorsque l’on parle d’études scientifiques car, selon moi la meilleurs méthode pour produire de la connaissance, pour définir des faits, c’est la méthode scientifique. Et comme cette dernière est très rigoureuse, on a tendance à conclure que toutes les études le sont. Intéressons-nous à celle du Dr. Soren Wengel Mogensen.

« Une nouvelle étude danoise dirigée par le Dr. Soren Wengel Mogensen révèle aussi 5 à 10 fois plus de risques de mortalité avec le vaccin le plus commun chez les enfants. »

Cette recherche avait pour but d’étudier le taux de mortalités des enfants sud africain après la vaccination par le DTC (Diphtérie-Tétanos-Coqueluche) et OPV (Vaccin Oral de la Polio) de 1984 à 1987. Leurs conclusions sont sans appels : 5 à 10 fois plus de risques de mortalités avec le vaccin. On retrouve bien les chiffres évoquées dans l’article de jematerne.com.
Seulement la méthode pour obtenir ses résultats à de nombreux défauts.

L’étude a été effectué sur 1057 enfants qui ont été divisé en deux groupes :

  • Un groupe vacciné
  • Un groupe non-vacciné.

L’étude précise qu’une infirmière a organisé des vaccinations supplémentaires sur des enfants censés être dans la catégorie « non-vaccinés ». Le fait que ça ne soit pas jugé comme important par les auteurs de l’étude est inquiétant. Il faudra être très prudent avec les résultats qui pourraient être faussés par la présence d’enfants vaccinés dans le groupe des non-vaccinés.

De plus, 1057 individus c’est très peu pour une étude épidémiologique. Surtout si elle a pour but de comparer deux groupes et y déceler des différences. A titre de comparaison, d’autres études avec cas-témoins utilisent de 100 000 à plusieurs millions de patients.

Pourquoi faire avec un très grand nombre ?

Imaginons que je décide de faire une expérience pour savoir quel chiffre de dé tombe le plus souvent lorsqu’on le lance. Pour cette expérience je fais cinq lancers qui me donne : 1, 5, 5, 3, 6. Je peux donc en conclure que lorsqu’on lance les dés on ne peut obtenir que quatre chiffres (1, 5, 3 et 6) et qu’on tombe plus souvent sur le cinq. Si j’avais testé sur plusieurs centaines de lancé, j’aurai constaté à peu de chose près que tous les chiffres ont la même probabilité de sortir.

C’est pour cette raison que le nombre d’individu qui constitue une cohorte doit être le plus élevé possible. 1057 enfants, c’est trop peu pour espérer avoir des résultats significatifs.

Des décès non classés

Aucun des décès comptabilisés dans cette étude n’ont été classés. Il n’y a aucune précision sur les cause de la mort. A un moment les auteurs précisent qu’il n’y a pas eu de décès dus à des accidents mais ils ne précisent pas non plus ce qu’ils considèrent comme des accidents.
Comment peut-on considérer un lien entre la vaccination et un décès si on n’en relève même pas les causes ?

De plus, les cas de mortalités pour la vaccination seule de la polio par voie orale n’ont pas été précisée dans les résultats pour la simple et bonne raison qu’il n’y en avait aucun. Mettant ainsi à mal l’hypothèse du « les vaccins causent la mort », pour autant que l’on décide de considérer ces résultats comme probants.

Et on ne peut pas les considérer comme probants car :

  • La distinction entre les groupes n’est pas totalement marquées à cause des vaccinations supplémentaires.
  • La cohorte testée est trop petite pour permettre d’obtenir des résultats significatifs.
  • Les causes de décès n’étant pas relevées il est impossible d’établir une causalité avec les vaccins.

Je considère qu’il n’est donc pas possible de conclure que les vaccins ne sont pas sécuritaires à partir de cette étude.

Une seule étude ?

L’auteure de l’article de jematerne.com précise que « c’est une des seules études entre les enfants vaccinés et non-vaccinés ».

Pourtant, après un peu de recherche j’ai pu trouver :

Une étude, danoise également, qui a été effectuées sur 805 000 enfants. Elle teste le rapport entre la vaccination groupée à la déclaration de maladies infectieuses. Ses conclusions sont :
« Ces résultats ne corroborent pas l’hypothèse selon laquelle les vaccins à antigènes multiples ou une exposition à un vaccin groupé augmentent le risque d’hospitalisation pour maladie infectieuse non ciblée. »

Une étude sur l’impact de la vaccination de la rougeole sur la mortalité infantile dans les campagnes du Bangladesh, effectuée sur une population de 190 000 personnes. Elle conclut :
« Les résultats indiquent que la vaccination de la rougeole a eu un impact prononcé sur la survie à court et à long terme – les taux de mortalité des enfants vaccinés étaient jusqu’à 46% inférieurs à ceux des enfants non vaccinés. »

Une étude sur l’impact de la vaccination à Mexico pour le rotavirus sur la mortalité infantile pour cause de diarrhée, effectuée sur une population de 1.12 million d’enfants. Elle conclut :
« La mortalité liée à la diarrhée est passée d’une médiane annuelle de 18,1 décès pour 100 000 enfants au début de l’étude à 11,8 pour 100 000 enfants en 2008. [..] Parmi les nourrissons âgés de 11 mois ou moins, la mortalité liée à la diarrhée est passée de 61,5 décès pour 100 000 enfants au début de l’étude à 36,0 pour 100 000 en 2008. […] La mortalité chez les enfants non vaccinés âgés de 24 à 59 mois n’a pas été réduite de manière significative. »

En conclusion de ce point

Le risque zéro n’existe pas. Cependant les procédures de vérification et surtout la rareté des cas de mauvaise fabrication ne suffisent pas à eux seules le rejet de la vaccination dans sa globalité.
De plus les études énoncées ne reposent sur aucun fait vérifié et n’ont pas un protocole suffisamment solide pour permettre de conclure que la vaccination est responsable d’une mortalité plus grande. Par contre, les études qui reposent sur des cohortes plus conséquentes et des protocoles plus stricts contredisent toutes les conclusions de l’étude danoise citée dans l’article de jematerne.com.

Rien dans ce point ne permet d’affirmer que les vaccins représentent un danger. Il apparaît même que la vaccination a un impact très positif sur la santé.

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